5 novembre : contre la « dinguerie » (budgétaire) ?

5 novembre : contre la « dinguerie » (budgétaire) ?

L’ensemble des organisations syndicales appelle à une journée d’action le jeudi 5 novembre, sur les thèmes de la justice sociale, des services publics et du pouvoir d’achat.

Pour celles ou ceux qui reviendraient d’un voyage sur la planète Mars, rappelons qu’on aurait en France un léger problème budgétaire, genre dette abyssale … Alors il faudrait réduire, économiser, revoir à la baisse pas mal d’ambitions, pourtant parfois stratégiques … Petit message pour les fonctionnaires et leur vile préoccupation de pouvoir d’achat et d’hibernation du point d’indice : dites … ça vous va si on en reparle dans … disons … 15 ou 20 ans ? Ah, et au passage, pour les « djeunes », fermez-là et retournez donc bûcher (même si vous êtes à 38 par classe et que Parcours sup demeure, pour votre/notre avenir, un mystère insondable). Sinon, « Tonton Laurent » (Nunez) va encore devoir se fâcher tout rouge …

Euh… ceci est un point de vue. Ce n’est assurément pas le nôtre.

En effet, pour Solidaires Finances, un rappel de contexte n’est pas inutile. Même en étant sympa au point de ne pas reprendre le chiffre du Sénat (211 milliards), c’est quand même la bagatelle de 170 à 180 milliards d’aides (au moins) qui ont été « sortis » par le sympathique Etat. Et, sur cette enveloppe pour le moins conséquente, il y a environ 40 % d’allègements de cotisations sociales employeurs. Dès lors, cette situation budgétaire, contraignante il est vrai, ne vient pas de nulle part. Et, en tout cas, pas tant que cela d’un Etat qui serait dépensier à l’extrême et incapable de tenir un budget.


Ce qui est peut être encore plus inquiétant non seulement pour le présent, mais aussi pour l’avenir, c’est que cette politique de réduction / attrition nuit aux services publics, en tant que richesse collective. Par ailleurs, elle peut aboutir à une fragilisation de notre modèle. Pour quelques uns, on sait que c’est l’ambition de fond. Mais pour une très grande majorité, il est encore porté par un large consensus. Dès lors, sa mise en péril n’est pas si loin que cela d’une sorte de pari fou.

Pour notre fédération, le « combo de la catastrophe » serait d’avoir déséquilibré le système et de ne poser comme solution que la mise en coupe réglée. Ce serait se précipiter d’une crise vers une autre. Sous couvert de responsabilité, on risque, dans l’immédiat, de ne pas répondre, au fond, à la colère et à la défiance. Or, il est manifeste que celle-ci, même si elle a plusieurs facettes, est profonde.

D’autres solutions, d’autres choix sont possibles. C’est pour cela que nous participerons à la mobilisation du 5 novembre et appelons à un mouvement le plus large possible, pour un vrai changement de cap.

  • Publication publiée :