Autoroutes :«Ça ne vous dérange pas trop si on se goinfre ?» ou IGF Revenge …

Autoroutes :«Ça ne vous dérange pas trop si on se goinfre ?» ou  IGF Revenge …

Au début de ce mois, il y a eu une information concernant la hausse moyenne des péages autoroutiers. Cette dernière est d’une remarquable sobriété (moins de 1 %, soit la plus faible depuis près de 5 ans…) Louable retenue ? Oui, peut-être, mais il faut bien reconnaître que les sociétés concernées peuvent se le permettre, car elles explosent leur rentabilité. A priori, profits et trésorerie ne se seraient jamais aussi bien portés chez bon nombre d’entre elles …
Pour mémoire, ces ex-bijoux de famille de l’État ont fait l’objet d’une ouverture au capital (Gouvernement Jospin), puis d’une privatisation en bonne et due forme (Gouvernement Villepin). A l’époque, cela avait quelque peu « ronflé », puis le soufflé était retombé … avant un soufflet, administré par l’IGF, par une mission de 2021. Et, ôh surprise, la rentabilité était très largement supérieure (le mot est ridiculement faible …) à ce qu’on envisageait au moment de cette privatisation « à courte vue ». L’échéance des principales concessions intervient dans 10 ans pile. Il est estimé que, d’ici là, c’est plusieurs dizaines de milliards d’euros (!) supplémentaires par rapport aux estimations qui vont venir garnir les poches de ces bienheureuses sociétés. Ces « partageux » de l’IGF, le couteau entre les dents, avaient même proposé (une provocation intolérable?) de diminuer les tarifs des péages (à vue de nez, au regard des taux de marge, on aurait pu diviser les prix par 2, une paille, quoi!).
La prose de ces garnements d’inspecteurs généraux avait quelque peu sommeillé dans les placards des ministres, avant que le sieur Bruno Lemaire, un peu sous le feu croisé médias / opinion publique, soit amené à mettre en place une surtaxe exceptionnelle (4,5%) sur ces plantureux profits.

C’était, il y a maintenant pas loin de deux ans. Et ce ne fut pas si simple à imposer (dans tous le sens du terme …)

Or, en ce mois de février, à la lecture de pas mal de communications sur ce front, il est manifeste que bon nombre d’indicateurs plaident pour une situation toujours florissante pour ces opérateurs (auto)routiers. Epilogue un peu amer du sujet ? Pas forcément. On peut espérer que ce genre de question revienne dans le débat public.

Mais il y a d’ores et déjà quelques modestes leçons à tirer de cette chronique :
– pour la petite (ou grande …) histoire, on préférera toujours le Villepin du discours de l’ONU à celui qui brade un intérêt public (ça, c’est gratuit …)
– on aimerait bien que nos ministres, de façon générale, aient parfois une lecture beaucoup plus attentive de la production de leurs services. Si les politiques restent libres de leur orientation idéologique (encore heureux), ce qui sort des administrations peut parfois être d’utilité publique.
– on voit qu’en termes budgétaires, il y a ici et là quelques marges pour le moins non négligeables… Du point de vue de SOLIDAIRES FINANCES, nous estimons qu’on pourrait envisager une profitabilité plus décente (et non un fabuleux fromage en droite ligne du domaine public) et, du même coup, de ratiboiser un peu moins les Services Publics, dont le besoin est juste vital.