PLF 2027: illustration d’un vieil adage …

PLF 2027: illustration d’un vieil adage …

«Rarement surpris, souvent déçu » semble assez bien coller à cette donne de départ. Du côté du ministère, on semble aussi entendre une sorte d’exhortation, traduisible par un lapidaire « c’est mieux que si c’était pire … »
Le motif de cette « réjouissance » serait le fait de passer de moins 590 (exercice 2026) à un – moins sanglant – moins 77 ETP. Pour SOLIDAIRES FINANCES, il y assez peu de risque qu’on fasse couler le champagne à flot pour autant. En effet, c’est encore un exercice en négatif, qui vient s’ajouter à une liste interminable. Rien qu’entre les élections de 2022 et celles qui se profilent en décembre, c’est plus de 4000 emplois qui ont encore été supprimés. Et on vous fait grâce du comparatif en période longue, pour lequel l’unité de compte, ce sont les dizaines de milliers d’emplois perdus. A croire que si un jour, on assiste à une création nette ou à un simple exercice sans suppression, on aura peur de voir débouler le Philippulus d’Hergé nous annonçant la fin du monde à coup de gong et sous une chaleur infernale (ça, on l’a déjà …)
Ce qui est marquant aussi, c’est que si on met de côté la Douane et son + 200 (sorte de « prestation compensatoire » à la défaite en rase campagne dans le dossier RIPOST), toutes les autres directions ont un « moins » devant leur colonne. Comme on pouvait s’y attendre, c’est la DGFiP qui « paie » le plus, avec – 176. Mais d’autres sont aussi frappés, à l’instar de l’INSEE (- 40, avec un doux parfum d’IA …). Même la DGCCRF est fléchée à la baisse (-11), ce qui confine à une forme de perversité au vu des effectifs de cette direction. En poussant le vice dans l’analyse, on voit même que si la sphère Comptes Publiques perd moins qu’avant (mais perd toujours …), pour celle de Economie, les suppressions sont plus importantes dans la copie 2027 par rapport à celle de 2026 (-77 contre -33)

S’agissant des moyens de fonctionnement, il n’y a pas vraiment de surprise gigantesque. Les crédits progressent … un peu (+ 0,6 %) et en global (baisse un peu partout et hausse pour la Douane). Avec l’impact de l’inflation, le tableau général n’est guère idyllique. On distingue bien les grands axes auxquels on pouvait s’attendre. C’est notamment le cas de l’informatique et de la cybersécurité, après nos dernières aventures en la matière. Mais on peut craindre que l’on soit plus dans l’intervention d’urgence, plutôt que dans une approche structurelle. Il y a aussi l’introduction d’un zeste de réinternalisation, ce qui est plutôt louable. De son côté, la Douane va être particulièrement appréciée chez les fabricants de scanners. On commence à afficher aussi un plan de transformation environnemental pour l’ensemble du ministère. Après les leçons de cet été, il aurait été difficile d’y échapper … Et toujours dans la symbolique, le programme Gestion des finances publiques est désormais assorti des mots « et lutte contre les fraudes ». Reste à voir si on se situe dans un portage concret ou dans un sempiternel affichage, à grands coups de mentons et de « vous allez voir ce que vous allez voir », sachant qu’à la fin, on ne voit rien ou si peu …

Elément à noter : le budget de l’Action Sociale est préservé, avec un coup de pouce de 1,5 %, mais qui ne compensera pas l’inflation déjà citée. Cependant, alors qu’on sait que d’aucuns, ici et ailleurs, rêvent de sabrer ce budget, son quasi-maintien est un signal important. C’est en tout cas un sujet sur lequel il faudra continuer à être vigilant.

Si on élargit la focale, on s’attendait plus ou moins aux grandes lignes budgétaires, avec un exercice où le programme qui fait peur à tous les autres s’appelle « Engagements financiers de l’État, » notamment sa ligne charge de la dette qui grossit d’un peu moins de 14 milliards (!). Les perspectives risquent, en plus, de ne pas s’améliorer avec un taux d’intérêt qui frise maintenant le 4,8 %.
Pour SOLIDAIRES FINANCES, il n’y a pas dans ce PLF la notion de rupture qui nous paraît de plus en plus incontournable. Au contraire, ce sont toujours les mêmes victimes – et coupables – désignés.
Certes, ce n’est qu’une mise de départ qui doit maintenant aller affronter le feu et les incertitudes parlementaires, sans parler de sa durée de vie avec une échéance politique majeure à terme. Cependant, il n’y a pas de quoi se lancer, au vue de cette copie budgétaire, dans une danse de joie effrénée, loin s’en faut.

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