Damned ! Nous sommes percés à jour … A chaque tir de missile au Moyen Orient, c’est une salve d’applaudissements qui monte de la Direction du Budget. De savants analystes et autres fins économistes font ce constat implacable : l’Etat s’en met plein ses vilaines fouilles avec la hausse vertigineuse du prix des carburants.
Il est certes deux éléments qui sont indéniables :
– effectivement les taxes constituent une proportion élevée dans le prix et c’est le consommateur final qui paye.
– le passage à la pompe est douloureux, notamment en raison des effets de marché, dont on ne se hasardera pas à parier sur le reflux immédiat. Pour quelqu’un dont les revenus ne sont pas plantureux et qui est obligé de recourir à son véhicule thermique, ça peut effectivement faire très mal. Et c’est un élément qui doit être pris en compte, face à la crise, mais aussi en tendance longue, histoire d’élever un peu le niveau…
Mais croire – ou faire croire – que tout ceci va arranger nos « petites affaires » en termes de résorption de la dette est à la limite du crétinisme budgétaire.
Tout d’abord, remettons un peu les choses en perspective : les rentrées fiscales, ce n’est pas l’art de se constituer une pelote ou d’être assis sur sur un tas d’or. C’est financer des hôpitaux, des écoles, de la justice, de la sécurité … Au vu de certaines jérémiades libéralo-populistes, ce rappel n’est peut-être pas inutile.
Mais surtout la réalité des chiffres risque de s’avérer cruelle. En effet, la crise peut largement peser sur le niveau d’activité. Ce dernier est le vrai « moteur » du système fiscal tel qu’il est construit aujourd’hui (soit dit en passant, ceci est d’ailleurs en sujet en soi et milite aussi pour une profonde réforme visant à plus de justice). Donc, un « gain » sur un poste – celui de la fiscalité énergétique – risque de ne pas peser bien lourd face à une potentielle masse de rentrées fiscales en berne.
Par ailleurs, croire que l’on se réjouit de la situation dans les imposantes travées du ministère des Finances n’est pas très loin d’être du registre de l’insulte faite aux services concernés et aux agent.es qui les composent.
En tout état de cause, entendre de telles choses laisse augurer d’une période qui pourrait devenir sans foi, ni loi en termes d’honnêteté intellectuelle. Ce n’est pas forcément très rassurant à l’approche d’une période politique capitale.
Bercy, profiteur de guerre ?!!?



