Le « pilote » en la matière (Formation Spécialisée ministérielle) a tenu une réunion en ce début d’été (7 juillet). Celle-ci fut emblématique à plus d’un titre.
Ce côté marquant commence par la météo, à savoir le contexte caniculaire. C’est une nouvelle donne à laquelle la préparation était pour le moins incomplète. Elle fait aussi parfois resurgir des comportements hiérarchiques que l’on peut qualifier, pour être franchement gentils, de « conservateurs » (et même à un moment ou à un autre les derniers syllabes de l’épithète peuvent être de trop …)
Si on met de côté les frilosités, l’État est pris entre deux injonctions contraires : la continuité du Service Public et la protection de son agent.e. Il doit être garant de la première, mais ne peut en aucun cas se soustraire à la seconde. C’est un simple rappel, mais il n’est pas forcément inutile …
Une chose est aussi évidente. C’est que la prise en compte doit être collective et ne peut se limiter à un appel aux bons comportements individuels. Ce dernier finit même par agacer : c’est bon, on a compris qu’il faut boire régulièrement et que le port du pull col roulé en shetland est peu adapté en ces temps brûlants … Nos espoirs se portent plutôt vers les mesures structurelles. C’est par exemple le cas de la revue générale des bâtiments, mesure louable. Tout le monde est toutefois bien conscient que cela prendra du temps … et nécessitera de l’argent. En tout état de cause, il est clair qu’une plus grande anticipation est nécessaire.
Dans les différents chapitres qui font l’actualité en termes de conditions de travail, on en reprendra quelques uns sur lesquels les lignes bougent avec parfois plus ou moins de bonheur.
C’est le cas du guide aménagement de poste, document utile, accessible via intranet. Nous rappelons ici que les règles sont claires : quand il y a une préconisation médicale, ne pas procéder à l’aménagement peut être constitutif d’une faute de l’employeur Et s’il ne procède pas au dit aménagement, il lui appartient de proposer un poste adapté.
L’amiante fera également l’objet d’une forme de relance de la mobilisation. Il est vrai que ce risque était un peu rentré dans une sorte « d’usuel », ce qui n’est évidemment pas satisfaisant. Un courrier du ministère devrait être adressé aux directions dans ce sens. Pour Solidaires Finances, il est patent que la prise en compte du risque amiante doit demeurer un élément de doctrine fort.
S’agissant plus globalement de l’évolution des risques, la mise à jour de ce référentiel a été opérée, avec un focus sur les risques psycho-sociaux (RPS), les risques spécifiques liés au télétravail et le risque d’incendie / explosion. En données chiffrées, on assiste à une augmentation globale des situations d’exposition, avec toutefois une baisse du niveau de risque le plus élevé (P1 de son petit nom …)
Pour Solidaires Finances, le suivi précis de cet état des lieux est un exercice très utile. Et qui peut parfois vous faire dresser les cheveux sur la tête et démontrer que l’État n’est pas toujours exemplaire : absence d’issue de secours, défaut de plan d’évacuation, réseau électrique obsolète …
Pour Solidaires Finances, un rappel est nécessaire : la suppression du risque à la source n’est pas une vague injonction à essayer de faire du mieux possible. C’est au contraire une obligation légale.
Pour les RPS, au-delà des risques liés aux métiers, il y a pour nous, un éléphant dans le magasin de porcelaine. Et il a déjà fait beaucoup de dégâts ! Ce sont les restructurations permanentes et la trajectoire de nos moyens depuis des années. Nous fûmes (serons?) en permanence une cible de choix pour tous ces mouvements. Croire que c’est sans effet sur l’état moral dans les services est largement une vue de l’esprit.
Enfin, il y a aussi un aspect chiffres (budgétaires). En effet, cette politique bénéficie d’une dotation particulière. Celle-ci s’est élevée à 12 millions en 2026 (après mise en réserve). Elle se décline très schématiquement en trois tranches : une sorte de standard par agent (une centaine d’euros), un niveau directionnel (via les FS de réseau) et des engagements ministériels. Il y a aussi une part de dévoiement, ce budget est parfois employé pour appuyer des opérations qui relèvent normalement du budget de fonctionnement des directions. C’est presque inévitable en fait, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut consacrer ce principe. Cette année, son imputation est un peu laborieuse, car largement freinée par la période des services votés. En tout état de cause, pour Solidaires Finances, c’est un réel enjeu, car cet engagement budgétaire permet de concrétiser un portage politique.
C’est justement sur cette note là que nous voulons finir ce court point d’actualité. On ne va pas dire qu’il n’y a a pas d’ambition au niveau du ministère en la matière. Le procès serait injuste et factuellement faux. On en demande déjà beaucoup à des équipes déjà assez chargées et qui ont été percutées par le (gros) chantier Protection Sociale Complémentaire. Nous n’avons d’ailleurs pas de tabou à revendiquer un renforcement desdites équipes. Mais le delta le plus marquant est le sentiment d’éloignement entre les ambitions ministérielles et le ressenti sur le terrain. Ce décalage s’entend intellectuellement avec les « confins de l’empire » (expression assez parlante piquée à un ancien secrétaire général adjoint). Si, par réalisme, on comprend – pour partie seulement -, on n’admet pas pour autant, fort loin s’en faut. Pour Solidaires Finances, on ne peut en rester au catalogue des bonnes intentions. Ce serait indécent vis-à vis des agent.es. La question des conditions de travail ne peut être que centrale dans nos préoccupations. Mais elle doit se traduire dans le quotidien des agent.es.





