La révélation de la cyberattaque XXL frappant la DGFiP n’a pas fini de produire ses effets. Voilà un premier prix d’évidence … C’est un sujet de profonde – genre abyssale … – préoccupation, car c’est le lien État/ Citoyen.ne qui est percuté de plein fouet. Et, en simple logique, ce sont les fonctionnaires concernés qui vont se retrouver en première ligne, face à l’angoisse, au mécontentement, voire à la hargne qui ne vont pas manquer d’être à ce rendez-vous imprévu.
Du côté des réactions politiques, les choses sont variées. Et parfois avariées, notamment quand on fait face à de la « récup » bas de gamme / de plafond. Il y a les indécrottables « yakafokon , qui ont, bien sûr, la solution et, en tout cas, avec eux, cela ne serait pas passé comme ça, scrogneuhgneuh ! C’est parfois au niveau de la géostratégie de comptoir que l’on se situe. Le problème, c’est que ces fins penseurs prétendent présider prochainement aux destinées de l’État.
La palme de la bêtise crasse revient au constat savant « ils / elles [les agent.es de la DGFiP] sont légion et en plus ils/elles sont nul.les …». Simple résumé, mais assez proche du sens « profond » (si on peut dire …) de certaines interventions… Alors, là, chapeau bas en termes de stupidité, de méconnaissance du sujet ou de triomphe d’un dogmatisme sans pudeur. En effet, c’est oublier (ou passer sciemment sous silence) que cette direction a subi une trajectoire confinant au jeu de massacre, depuis des décennies. S’agissant simplement des emplois, c’est par dizaines de milliers que l’on en a supprimé, gouvernement après gouvernement.
Ce dernier fait n’explique pas, bien sûr, tout par rapport au sujet évoqué. Car d’autres administrations, moins « sinistrées » (ou entités diverses, le phénomène allant bien au-delà de la stricte sphère publique) sont également touchées. La lutte contre les offensives numériques malveillantes n’est évidemment pas du seul apanage de la DGFiP, comme le montre quasi-quotidiennement, en tout cas très / trop régulièrement, l’actualité. Mais en tout cas, bonne chance à qui veut démontrer qu’il n’y a aucun lien entre ces deux destinées, celle des moyens humains, techniques et financiers d’une part, et nos tribulations informatiques d’autre part, dont évidement, personne ne peut se satisfaire.
Pour Solidaires Finances, il y a également deux évolutions qu’il faut mettre en parallèle. La DGFiP s’était largement engagée dans la transformation numérique Elle a lancé de très grands chantiers en la matière. A titre d’illustration, c’est l’une des premières directions qui a « tâté » de l’IA. En faire une administration « larguée » en termes d’informatique serait juste une prodigieuse insulte à la réalité. Mais elle a des défis immenses à relever et on ne lui a pas donné, à notre sens, les moyens pour cela. C’est ainsi que tout en opérant cette transformation à marche plus ou moins forcée , il y a aussi eu la montée en puissance d’une « dette » technique manifeste. D’aucuns ont peut-être trop lorgné du côté des « gains » d’emploi que l’informatisation fait miroiter et en ont quelque peu oublié qu’il y a aussi une question de sécurité sur laquelle il était impératif de monter en puissance, surtout face à des menaces protéiformes et qui évoluent extrêmement vite.
A notre sens, c’est autour de cela que doivent tourner les réflexions et, plus globalement, sur l’importance fondamentale d’un système fiscal aussi juste que solide, partie intégrante du consentement à l’impôt, ressort démocratique par excellence. A l’évidence, de ce point de vue, cette affaire ne sera pas sans conséquence, prémices que l’on constate déjà. Raison de plus pour ne sombrer dans des postures qui ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Fuite de données : l’onde de choc



