Handicap : une course de fond ?

Handicap : une course de fond ?

Voilà deux ans un accord était signé pour dégager des mesures nouvelles pour les personnes en situation de handicap. Ces mesures forment un éventail varié, allant de la formation à des procédures d’appui spécifiques dont certaines sont assez novatrices. C’est le cas, par exemple, de la création d’une aide pour la déclaration du handicap ou d’une autre pour la formation des proches aidants.
Soyons clairs : ces mesures ne changent pas la vie par un coup de baguette magique, qui d’ailleurs n’existe pas en la matière. Elles constituent cependant des avancées indéniables et ont le mérite d’aborder le problème sous divers angles, ce qui n’est pas toujours le cas. Quoiqu’il en soit, l’ensemble des mesures poussées par ce round de dialogue social, pour le coup assez productif, a fait l’objet d’une traduction concrète et les développements vont continuer jusqu’au terme de cet accord, ce qui montre bien toute la pertinence de ces acquis.

L’ensemble était « agrémenté » d’un budget dédié (2 millions d’euros annuels). Ce dernier a notamment été engagé pour des équipements individuels et aussi pour des actions collectives.

L’accord, au cas d’espèce, a aussi une autre vertu. C’est celle de servir d’aiguillon pour les directions qui composent notre beau ministère. Et, au vu de certaines réalisations, on peut dire que cet objectif est plutôt atteint. En tout cas, tout le monde s’est peut-être senti obligé de bouger, peut-être plus qu’il ne l’aurait éventuellement fait de prime abord, sans vouloir noircir personne.

Bercy dispose également d’une cellule dédiée à la prise en compte du handicap. Mais il y a un tropisme à une forme de « déconcentration » dans un but de souplesse. Pour nous, ce sont en fait des niveaux différents. Ce service opère aussi une forme de mise en cohérence et joue un rôle de préfigurateur / spécialiste, fort utile dans un domaine complexe. C’est pourquoi, s’il y a des envies ici ou là, de mettre fin à cette structure, pour nous, ce serait une décision bien mal appropriée. La symbolique serait même assez affreuse et contraire à l’orientation que le ministère affiche.

Nous abordons dorénavant le dernier temps de cet accord. La question est maintenant de savoir si on poursuit dans cette – honorable – voie. Ou si on range tout cela au rayon bons souvenirs et engagements cochés. Disons-le tout net : un «c’est bon, on a donné… » aurait quelque chose d’éminemment détestable dans le message envoyé.

Pour filer la métaphore sportive, on serait tentés de dire que notre message serait un impérieux « on ne relâche pas l’effort ! ». Et qu’on privilégie le côté course de fond (à bonne allure…) à un sprint unique.

En fait, face à ce défi humain, on n’en fera jamais assez. Et cette séquence a été l’occasion de démontrer qu’on peut faire plus encore. C’est dans ce cadre que nous avons voulu inscrire les travaux autour de cet accord.

Cette volonté d’aller plus loin et d’amplifier l’action dans ce domaine porte aussi évidemment sur le volet budgétaire. C’est à la fois un marqueur et une façon d’apporter un élément de solution aux collègues concerné.es. S’il disparaît de la donne future, ce sera donc un double signal négatif. En appeler à la raison budgétaire serait un argument non recevable, car il n’est pas question ici de centaines de millions d’euros. Par contre, on parle bien de moyens pour remédier, dans la mesure de nos moyens, à des situations humaines.

C’est peu de dire que l’orientation que choisira le ministère sera scrutée de très près !