Le 8 mars, naturellement …

Le 8 mars, naturellement …

Pour une partie de l’opinion, l’égalité femmes / hommes et les droits des premières nommées constituent une marche en avant inexorable, même si on pourrait espérer que celle-ci presse quelque peu son allure…

Des travaux du Haut Conseil à l’Egalité tempèrent largement cet optimisme.
Tout d’abord, il demeure un sexisme « qui remonte à loin », plaquant des rôles bien définis à chacun-e : la femme aux fourneaux, l’homme aux affaires (notamment financières). Les chiffres montrent que cette vieille antienne a la vie malheureusement plus dure qu’il n’ y paraît.

Mais on relève aussi un sexisme agressif, surfant sur la « modernité », terme impropre ici, car on est plutôt dans le vieil immondice répugnant… Le caractère moderne est simplement dû au vecteur employé, à savoir notamment les réseaux « sociaux ». On y trouve une forme de grand lâcher-prise, avec postures dévalorisantes, voire menaçantes, quand elles ne vont pas jusqu’à flirter avec les frontières de la haine aussi brute qu’imbécile. Dans son étude, le Haut Conseil situe ce sexisme de défiance à 17 % de la population. C’est tout sauf anodin. Autre chiffre marquant : 4 hommes sur 10 estiment que le féminisme menace la place des hommes dans la société. Vaguement alarmant… ou carrément flippant ! Cette tendance à bas bruit s’exprime peut-être plus ouvertement dans un contexte global « propice », avec des sorties rétrogrades et réactionnaires plus décomplexées. Le tout peut aboutir à ce qu’une tendance cachée ose s’exprimer un peu plus en pleine lumière. C’est évidement très préoccupant et justifie encore plus de continuer à s’engager dans ce combat.

Et les agentes dans tout cela ?

Dans la Fonction Publique d’État, l’écart salarial est encore de 12 %. Même si la FPE n’est pas la plus mauvaise élève de la classe, c’est évidemment quelque chose dont on ne peut se satisfaire, car cet écart est aussi injustifié qu’injustifiable en fait !
De même, on voit qu’au niveau des revenus les plus bas, on trouve majoritairement des femmes.
S’agissant des déroulements de carrière, on ne peut tomber dans la naïveté de conclure qu’il n’existe plus de plafonds de verre …
Et cette inégalité se reproduit malheureusement, s’agissant des pensions.

Quant au ministère de l’économie et des finances, on ne lui fera pas le reproche de ne pas essayer, de ne pas vouloir s’investir sur la question. Bien au contraire.
Mais, même si on est heureusement très loin de la thématique évoquée plus haut, il est manifeste qu’il reste encore pas mal de chemin à parcourir en matière d’égalité salariale et de perspectives en termes de carrière, et aussi d’état de santé, d’accidents du travail et de maladies professionnelles pour lesquels la prévalence de la part des femmes n’est ni justifiable, ni excusable.

C’est pour tout cela que le 8 mars est une date importante. Le tout serait peut-être d’arriver à ce que toutes les autres dates de l’année soient des 8 mars en puissance.