1er mai, combat de fond …

1er mai, combat de fond …

Mais que voilà donc un combat civilisationnel et homérique : il faut faire sauter le 1er mai. C’est d’une urgence majeure et fondamentale pour le pays. C’est sûr que supprimer ce jour « férié » chargé de symbole va sûrement nous amener 2 ou 3 points de croissance, c’est évident …
En plus, c’est pour le bien des travailleurs/euses : ils/elles pourraient être payés double. Génial … mais complètement bidon. En effet, la fête du travail est marquée par un jour chômé rémunéré, pour être précis. Dans l’hypothèse où il y serait mis fin, ce serait donc la perte de ce dernier et une simple journée d’activité payée à la place.
Mais surtout on voit là une attaque, une de plus serait-on tenté d’ajouter, contre un symbole et un marqueur. A croire que le slogan « faut tout péter !! » a désormais été récupéré par un autre camp, celui des partisans du tout abroger, tout libéraliser et tourner le dos à toute idée de régulation. En fait, c’est à se demander si nous ne serions pas face à un nouveau genre de « radicalisés ».
Après tout, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Le 1er de l’an : c’est juste une page à tourner dans le calendrier en fait. Le 8 mai : selon l’évolution politique, ce ne sera peut-être pas une si bonne date à fêter pour un possible pouvoir d’extrême-droite… Le 14 juillet peut aussi renvoyer à des excès révolutionnaires. Quant au 11 novembre, c’est bien vieux, ce truc d’armistice … Et le 25 décembre : en fait, vous n’y croyez pas vraiment à cette histoire de père noël, hein, avouez ?

Mais non, ce ne sont pas ces dates qui ont été mises en cause. Ni celles liées à des fêtes religieuses, notons-le également. C’est bien la date du 1er mai qui est visée à la fois comme chiffon rouge et comme totem. Pour nous, l’attaque est gravissime, notamment par ce qu’elle dit de ses auteurs et de leurs desseins. Ils se pensent réformateurs, ils sont avant tout destructeurs.

L’affaire n’est pas sans rappeler la sortie de feu Denis Kessler, vice-président du MEDEF, qui avait indiqué l’ambition de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance (sécurité sociale, statut de la fonction publique, secteur public productif …) Par rapport au 1er mai (qui date de 1889), ce n’est certes pas la même origine historique. Mais l’offensive de démolition présente quelques similitudes d’arrière pensées idéologiques.

Rappelons qu’on ne fait pas société sur des éléments partagés que l’on dynamite consciencieusement. L’oublier est une faute qu’on ne peut se permettre, encore moins par les temps qui courent.

Et donc mettre cette tentative en échec est effectivement un combat fondamental.